Actualités économiques et sociales

Mercredi 2 juillet 2008 3 02 /07 /2008 12:30

Il y a quelques jours, quelques 2 000 salariés ont manifesté à Paris pour défendre le travail dominical.


"Sans dimanche = pas d'emploi", "Touche pas à mon job", "Pouvoir d'achat amputé" ou "Le dimanche, c'est mon choix", proclamaient les pancartes de ces pourritures, en grande majorité salariés des magasins de bricolage Castorama et Leroy Merlin.


Ils demandent à ce que la proposition de loi UMP étendant les dérogations au repos dominical - à l'initiative du député des Bouches-du-Rhône UMP Richard Mallié qui est venu saluer leur mobilisation - soit discutée au plus tôt par les députés. "Il y a deux jours les gens défilaient dans la rue parce que soi-disant on veut les faire travailler plus, ceux-là veulent travailler et on les empêche de travailler, quel pays !", a commenté Mallié, en faisant allusion aux manifestations de mardi contre la réforme des 35 heures et des retraites.


Il n'est pas surprenant de voir ce gouvernement et ses députés oeuvrer pour l'ouverture des magasins le dimanche, ces agents du capital ne supportent pas l'idée qu'ils ne peuvent pas accumuler autant de profit qu'ils le souhaitent pendant un jour par semaine.


Quant aux salariés qui défendent leur liberté de travailler le dimanche (la liberté c'est l'esclavage) pour gagner un peu plus d'argent, ce ne sont que des égoistes et individualistes qui ne pensent qu'à leur pouvoir d'achat personnel aujourd'hui et maintenant sans songer un seul instant à l'avenir. Car à l'avenir (et c'est d'ailleurs deja le cas), le travail du dimanche ne sera pas optionnel mais obligatoire et se fera sans compensation minimale de salaire, d'ailleurs on le voit deja pour le travail de nuit (bah oui car il faut aussi faire du profit la nuit, le capital ne dort pas, par contre les détenteurs du capital s'enrichissent en dormant) : jadis il était payé double, aujourd'hui il n'est payé qu'à 25% de plus que le travail de jour et sera sous peu certainement payé au même prix.


Alors que la logique voudrait qu'on impose la fermeture des commerces pendant au moins un deuxième jour dans la semaine (avant d'en arriver à la fermeture des commerces 7 jours par semaine comme en Corée du Nord.......humour, humour), on impose leur ouverture le dimanche.


Tous les changements vont dans le mauvais sens, et le Système arrive à les mettre en oeuvre avec une facilité déconcertante. Il n'y a rien à faire, le Système est trop fort, tout est foutu. Le Mal se pavane en vainqueur.


Bien au-dela des questions d'argent, l'extension et la généralisation du travail du dimanche (que j'ai plusieurs fois évoqué) qui semble être en apparence un détail est en réalité très importante car elle est révélatrice d'un choix de société : la primauté absolue de l'économie (relancer la consommation, la croissance,.....) sur la personne humaine. Travailler le dimanche, c'est accepter de nous asservir toujours davantage au système économique matérialiste au détriment des valeurs humaines de convivialité, de la vie en famille ou de la vie spirituelle.


Pour ceux qui auront la chance de ne pas travailler le dimanche, ils pourront faire de magnifiques promenades en famille dans les grandes surfaces. Charmante perspective, quel romantisme.


Par contre, ceux qui auront l'obligation dans un futur proche de travailler le dimanche ne pourront même plus avoir une journée de rencontre commune avec leur famille dispersée toute la semaine, ils ne pourront plus accompagner leur petit garçon au tournoi de foot dominical et leur petite fille à son cours de cuisine ou de couture.


Ils n'oublieront pas alors de maudire et s'ils le peuvent rendre la monnaie de leur pièce aux chiens de capitalistes qui au nom de l'argent sont disposés à tout détruire (y compris la planète dont la durée de vie devrait être encore de plusieurs milliards d'années mais qui sera ramenée à quelques milliers d'années - voir quelques centaines - grâce à ces salopards) ainsi qu'aux collabos salariés qui manifestent pour la "liberté de travailler le dimanche".


Des parfaits abrutis téléspectateurs assidus de Secret Story  qui ne pensent qu'à leur gueule et qui ne sont porteurs d'aucun projet de société, magnifique reflet de l'époque moderne. D'ailleurs toutes les manifs de fonctionnaires et compagnie obéissent au même leitmotiv : la défense de son pouvoir d'achat personnel pour pouvoir consommer plus et s'intégrer davantage à la société de consommation. N'allez surtout pas parler de changements radicaux à ces gros conservateurs, ils adorent la société libéral-capitaliste car ils ne voient pas plus loin que le bout de leur nez. Je vais finir par croire que je suis entouré par 6 milliards de raclures. :)


"Parce que c'est mon choix". (Evelyne Thomas, philosophe et théoricien politique du XXIème siècle)

Par Julien B. - Publié dans : Actualités économiques et sociales
Ecrire un commentaire - Voir les 4 commentaires - Recommander
Mardi 20 mai 2008 2 20 /05 /2008 03:06

Emmanuelle Mignon, éminence grise et directrice du cabinet de Nicolas Sarkozy, avait expliqué dans le Monde du 7 septembre 2004 : "Je crois à l'initiative individuelle, à l'effort personnel et, en matière économique, à la main invisible du marché. Par exemple, je suis pour une privatisation totale de l'éducation nationale".


Voila qui devrait faire plaisir aux petits droitards anti-sociaux qui rêvent de "dégraisser le mammouth" et qui voyent les profs comme des privilégiés. A ce propos, on peut se reporter par exemple à l'article suivant trouvé sur le site d'information des "Identitaires" Novopress : link


Je n'ai aucun respect particulier pour les profs (enfin un peu plus tout de même que pour les traders, oligarques, joueurs de foot et autres "stars") qui sont à une écrasante majorité des bons petits pions du Système, des bien-pensants européistes et immigrationnistes dont le potentiel révolutionnaire est proche du zéro (pour ne pas dire de zéro tout court) mais de là à les considérer comme des privilégiés (comme le font les petits droitards anti-sociaux), il y a un pas que je ne peux franchir.


Prof n'est pas un métier plus facile ni mieux rémunéré qu'un autre à durée de formation identique. Les profs sont de plus en plus médiocres mais leur médiocrité n'est que le résultat de la médiocrité générale dans laquelle baigne notre société.


Comme Jean-Marc Sylvestre, Jacques Attali ou Jean-Michel Apathie, ces soi-disants durs vont chercher leurs infos chez les bobos du Figaro. Des vrais rebelles. Venant des petites putes anti-françaises que sont les "identitaires", il ne fallait pas s'attendre à moins.


"Identitaires" qui défendent l'identité européenne (en bons bien-pensants européistes qu'ils sont) et qui se foutent totalement de l'identité française.


"Identitaires" qui sont des bons agents des Etats-Unis, des bien-pensants atlantistes qui ont toujours suivi l'idéologie dominante en luttant contre le communisme et l'islam.


D'ailleurs - petite parenthèse - ce qui est marrant avec les "identitaires", c'est qu'ils voyent des "staliniens" partout : c'est ainsi qu'ils sont allés jusqu'à qualifier l'ancien maire de Calais Jacky Hénin (qui est comme eux européiste, ils devraient donc l'aimer) de "dernier stalinien de France". Quiconque connait un peu le P"c""f" ne peut qu'éclater de rire en lisant une telle énormité dans la mesure où Jacky Hénin est au sein de la fédération du P"c""f" du Nord-Pas-de-Calais l'un des leaders des réformateurs c'est à dire de ceux qui veulent liquider les quelques derniers restes de marxisme au sein du P"c""f".


Si les "identitaires" veulent savoir de quoi se rapproche le "stalinisme" au niveau idéologique, ils n'ont qu'à lire ce blog (car le "dernier stalinien de France", c'est moi) et pourront constater que c'est tout autre chose que leur idéologie de faux durs et de tafioles.

Par Julien B. - Publié dans : Actualités économiques et sociales
Ecrire un commentaire - Voir les 4 commentaires - Recommander
Mardi 22 avril 2008 2 22 /04 /2008 10:59

Le deuxième Conseil de modernisation des politiques publiques, bras armé de la mise au pas libérale de la France, s'est tenu à l'Elysée le 4 avril dernier. Parmi les 116 mesures proposées figure la "prise en charge, en les maintenant, des tarifs sociaux de la SNCF par la politique commerciale de l'entreprise". Ce sont ces tarifs sociaux qui permettent d'offrir des réductions sur le réseau de la SNCF aux familles nombreuses (à travers la carte famille nombreuse, à laquelle s'ajoutent des avantages qui ne sont pas tous liés aux transports : piscines, cinémas, offres commerciales privées), aux étudiants et apprentis, ainsi qu'aux salariés pour leurs congés annuels. Cette somme représente 70 millions d'euros, versés jusque là de façon forfaitaire à la SNCF par l'État.



"Les tarifs sociaux du train s'inscrivent dans la politique commerciale de la SNCF, nous explique-t-on. Ils seront maintenus mais devront être financés par les utilisateurs du train (en particulier les professionnels) plutôt que par les contribuables". Naïfs que nous étions de penser qu'il s'agissait d'avantages liés à la politique familiale (carte famille nombreuse instaurée en 1921) ou à la politique sociale (billet de congé annuel) !


Finalement, le gouvernement, ou plutôt le président de la République, a semblé renoncer, le 11 avril dans une déclaration, à cette - comment disent-ils déjà ? - "modernisation". "L'État continuera de prendre en charge ces tarifs sociaux, affirme Nicolas Sarkozy. Il en sera naturellement tenu compte dans le dividende que l'État actionnaire demandera à la SNCF".


La dernière précision est importante. Grosso modo, lorsqu'une entreprise fait des bénéfices, elle peut soit les redistribuer à ses actionnaires (dividende), soit les redistribuer à ses salariés, soit les réinvestir dans l'entreprise (développement, remboursement de la dette, etc.). Dorénavant, les sommes consacrées via la SNCF à la politique sociale et à la politique familiale ne viendront donc pas du budget de l'État mais de la part du dividende versé - pour la première fois cette année depuis la nationalisation des chemins de fer en 1938 - par la SNCF à l'État actionnaire. Autant d'argent en moins que l'entreprise publique pourrait consacrer à son développement ou à sa politique salariale plutôt que de la redistribuer à son actionnaire unique.


Mais le fond du problème est ailleurs. Le fond du problème c'est que la SNCF puisse verser un dividende à un actionnaire, fusse-t-il l'État. Alors que ce devrait être à l'État de verser de l'argent issu de nos impôts à la SNCF afin que cette dernière puisse assurer pleinement sa mission (et non pas ses missions) de service public. Pour compliquer le tout, il s'agit en fait d'un jeu à trois, puisque par dogmatisme libéral les directives européennes ont démantelé les services publics en demandant la distinction entre, d'un côté, la gestion des réseaux et, de l'autre, leur exploitation. D'où la séparation en 1997 entre Réseau Ferré de France (RFF, propriétaire et gestionnaire du réseau ferroviaire) et la SNCF, exploitant progressivement soumis à la concurrence d'autres exploitants privés : libéralisation des réseaux transeuropéens de fret ferroviaire (15 mars 2003), du fret international (1er janvier 2006), de la totalité des activités de fret (1er janvier 2007), du transport international de voyageurs (2010) puis ouverture totale à la concurrence (2012). Il s'ensuit que la SNCF verse 2,8 milliards d'euros de péage ferroviaire à RFF, tandis que ce dernier verse une somme quasi-identique à la SNCF pour l'entretien du réseau.


Dans ce contexte, la décision du gouvernement trouve toute sa logique. À partir du moment où l'on considère, comme l'a déclaré la secrétaire d'État à la Famille, Nadine Morano, que "la SNCF est une entreprise comme les autres", ladite entreprise n'a en effet à sa soucier que de sa seule politique commerciale et non de la politique familiale et sociale de la nation.


Or le problème c'est que pour nous, républicains, un service public n'est justement pas une entreprise comme les autres. C'est un outil au service de l'État et des citoyens. Un monopole public qui, contrairement aux entreprises privées dans le système capitaliste, n'est pas régi par les règles de la concurrence et n'a pas pour but de réaliser des bénéfices ou des profits.


Nous sommes donc nous aussi pour les réformes. À commencer par la renationalisation (pas seulement en terme de détention du capital, propriété ou de statut, mais en terme de mode de gestion) de tous les services publics.

Laurent Pelvey


A propos de SNCF, je trouve bizarre que des syndicats tels que la CGT ou Sud - très puissants chez les cheminots - n'aient jamais demandé de supprimer les 1ère et 2ème classe dans les trains. Je croyais en effet que les marxistes étaient pour l'abolition des classes sociales, avant d'abolir les classes sociales il semblerait pour le moins logique et normal (et en tout cas plus facile) de supprimer les classes dans les trains. Ils sont forts pour défendre leur retraite, leur salaire, leur confort personnel,.....mais dès qu'il s'agit de parler de principes marxistes à appliquer pour rendre notre société meilleure et égalitaire, y' a plus personne !

Par Julien B. - Publié dans : Actualités économiques et sociales
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Mercredi 27 février 2008 3 27 /02 /2008 03:56

A 6 mois de sa retraite, Jean-Christophe Le Diguou, secrétaire confédéral de la CGT, vient d'être nommé conservateur des hypothèques à Corbeil-Essonnes. Il y prendra ses fonctions au deuxième trimestre 2008, et il ne restera en poste que 6 mois. Juste le temps de lui faire bénéficier d'une super-retraite.

En effet, durant ces 6 derniers mois, il bénéficiera d'un salaire d'au moins 9 000 euros. Avec les règles de calcul des retraites dans la fonction publique, calculée sur les 6 derniers mois, il bénéficiera d'une retraite plus que confortable. Inutile de dire que cette décision a été prise au plus haut niveau de l'Etat, à la fin du conflit des cheminots.

Jean-Christophe Le Diguou, "tête pensante" de la CGT moderne, est bien représentatif (comme le syndicaliste avec chauffeur et condamné par les Prud'hommes Marc Blondel qui vient de dégueuler sur le socialisme cubain) de ce qu'est devenu le syndicalisme depuis qu'il n'est plus porteur d'un projet de société alternatif (le socialisme) : un parasitisme et un appendice du Système.

Pourtant, quoi qu'en pensent Le Diguou et autres personnages sans principes et sans idéaux qui déclarent que "le marché est dans l'ordre des choses", le socialisme (qui repose sur la propriété collective des grands moyens de production et le remise en cause de l'économie de marché) est aujourd'hui devenu une absolue nécessité pour faire face aux inégalités injustes (certaines inégalités étant justes, ce sont celles qui reposent sur le mérite) engendrées par le capitalisme mondialisé.

Sur les 7 dernières années, le revenu déclaré des 10% des foyers les plus riches s'est élevé de 32% pendant que celui d'un français gagnant moins de 1 500 euros par mois n'évoluait que de 0.6% par an (d'où une baisse du revenu réél de cette catégorie de la population du fait de l'inflation).

Plus significatif encore, les revenus du travail (qui sont les seuls revenus qui reposent sur le mérite, et encore on peut en douter en voyant l'évolution des rémunérations des grands patrons.....mais passons sur ce détail) ne totalisent plus aujourd'hui que 53% du revenu disponible des ménages contre 67% en 1978 alors même que la proportion des salariés a augmenté sur la période en passant de 83.6% de la population actrive occupée à 91.4%.

En fait, vous l'aurez compris, tout ceci est lié : la baisse de la part des revenus du travail dans le revenu disponible des ménages s'accompagne de la hausse de la part des revenus du capital et fonciers (ou immobiliers) dans ce même revenu ce qui implique une hausse des inégalités entre les classes populaires qui ne percoivent en général que des revenus du travail et les classes aisées dont une part importante des revenus est constituée de la rémunération du capital et de l'immobilier (il faut bien que la flambée des prix de l'immobilier profite à certains).

Il est dès lors facile de comprendre que seul le socialisme est capable de défendre la valeur travail et le mérite en menant une lutte efficace contre les revenus du capital (par la suppression du racket du système boursier) mais aussi contre les revenus fonciers en limitant le nombre de logements par famille à deux voir à un tant que tous les citoyens français ne seront pas correctement logés (ce qui permettra de faire baisser les prix de l'immobilier et de résoudre les problèmes de logement).......D'ailleurs c'est bien Jean Jaurès qui disait que "La propriété foncière est mère d'inégalité et de brutalité", c'est autre chose que du Le Diguou, du Blondel ou évidemment que du Sarkozy qui ne se prive pas de citer Jaurès tout en favorisant la passation du patrimoine immobilier par la suppression des droits de succession.

Par Julien B. - Publié dans : Actualités économiques et sociales
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Mardi 29 janvier 2008 2 29 /01 /2008 01:38
undefined

En ce dimanche 27 janvier 2008, la Société Générale a affirmé à l'Agence France-Presse que la "fraude" dont elle affirme avoir été victime de la part de l'un de ses traders portait sur environ "50 milliards d'euros".

Pour avoir une idée de l'énormité de ce montant, rappelons simplement que
le déficit de l'Etat  s'est établi à 38,4 milliards d'euros en 2007.

La dépêche AFP précise que
"lors d'une conférence téléphonique, le directeur général adjoint de la Société générale en charge de la banque de financement et d'investissement (BFI), Jean-Pierre Mustier, a précisé que le trader mis en cause a utilisé ses techniques frauduleuses "fin 2006 début 2007, en commençant par de petites transactions".

Si l'on s'en tient à la version officielle de la banque, cela signifie donc qu'un jeune homme de 31 ans a pu, tout seul, faire prendre à sa banque des "positions" spéculatives sur un montant supérieur de quelque 30% au déficit public français sans que personne ne s'en aperçoive pendant plus d'un an.


Question intéressante : pourquoi personne ne s'est aperçu de ces montants inouïs de risques pris par la Société générale alors que le fameux déficit public de la France, que l'on ausculte matin midi et soir, est reproché quasi-quotidiennement aux 63 millions de Français ?

Autre question intéressante : comment se fait-il que les "contreparties" - c'est-à-dire ceux qui vendaient les options sur indices - n'aient pas alerté la banque pendant plus d'un an ?

Par ailleurs, il est intéressant de relever que Daniel Bouton, PDG de la Société générale, avait été diligenté par le MEDEF en septembre 2002 suite à l'affaire du scandale ENRON aux Etats-Unis (faillite frauduleuse  pour comptes "virtuels"maquillés). Le PDG de la Société Générale avait été chargé de mener une réflexion pour éviter qu'un tel scandale ne se produise en France.....

Cela avait conduit Daniel Bouton à remettre un rapport, appelé "Rapport Bouton" qui fut commenté dans les termes suivants par le magazine L'Expansion du 23 septembre 2002 (vous pouvez le retrouver sur "L'Expansion.com" :

Le rapport Bouton ou l'anti-Enron à la française

 23/09/2002

Le rapport Bouton sur la "corporate governance" à la française a été dévoilé aujourd'hui lundi. Sa priorité ? Privilégier l'indépendance et la transparence des conseils d'administration.

Enron, Andersen, Worldcom, mais aussi Vivendi… C'est peu dire que la litanie des « affaires » qui ont émaillé ces derniers mois la sphère économique a suscité un regain d'intérêt pour ce que l'on appelle le « gouvernement d'entreprise ». En France, Daniel Bouton, le patron de la Société Générale, a ainsi été chargé en avril dernier par le Medef et l'Afep (le puissant lobby des grandes firmes) de plancher sur le sujet au sein d'un comité ad hoc composé d'un aréopage de dirigeants, tels que Gérard Mestrallet (Suez), Jean Peyrelevade (Crédit Lyonnais) ou encore Serge Tchuruk (Alcatel). Résultat ? Un rapport concis (environ trente pages) dont l'ambition n'est rien d'autre que de préserver à l'avenir le pays d'une fièvre d'Enronite aiguë.

Concrètement, le rapport Bouton, publié lundi, formule trois grandes recommandations : d'abord, une plus grande indépendance des conseils d'administration. Pour cela, la proportion d'administrateurs supposés « indépendants » devrait dans l'idéal avoisiner les 50% du Conseil et non se contenter d'un petit tiers. Le conseil d'administration devrait procéder à une sorte d'audit interne tous les trois ans, avec répercussion des conclusions aux actionnaires. Enfin, l'un des points de l'ordre du jour dudit conseil pourrait porter sur son propre fonctionnement.

Pour remédier au risques de conflits d'intérêts chez les auditeurs, le banquier préconise deux pistes : d'une part, le recours à des commissaires aux comptes exclusifs, où ceux qui « auditent » ne sont pas ceux qui « conseillent » ; et d'autre part, un renforcement du pouvoir des comités des comptes. Ceux-ci, constitués pour deux tiers d'administrateurs indépendants (contre un tiers actuellement), devront valider les comptes sociaux et consolidés.

Enfin, une politique de rémunération plus humble, « raisonnable » et « appropriée ». Pour y veiller, le comité des rémunérations ne devra accueillir aucun mandataire social. Cette proposition figurait du reste déjà dans le rapport Viénot II de 1999, de l'ex-patron de la SG, auteur du premier rapport en France sur la corporate governance en 1995...



Il est intéressant de comparer ces bons conseils de M. Daniel Bouton de septembre 2002 avec l'attitude de M. Bouton Daniel de janvier 2008.

Il est aujourd"hui impossible de lire en ligne le Rapport Bouton sur le site du MEDEF, qui a dû le retirer en urgence par décence.
Mais vous pourrez le trouver en intégralité sur
http://www.technip.com/francais/pdf/Rapport_Bouton%20_FR.pdf

Comme vous le verrez, ce rapport présenté par Daniel Bouton à la presse le 23 septembre 2002 précisait dès son deuxième paragraphe que "le système libéral" "ne peut tolérer la fraude. Si des actes frauduleux sont commis, ils doivent être sanctionnés".

Or, on a appris aujourd"hui que Daniel Bouton a "présenté sa démission au conseil d'administration de la Société Générale qui l'a rejetée" - bien sûr...

Mais on a appris aussi que "le communiqué révélant la fraude précise ainsi qu'un "comité constitué des présidents des comités de nomination et de sélection ainsi que d'un administrateur indépendant sera en charge du suivi du redressement auprès du management".

En clair, cela signifie que Daniel Bouton n'avait absolument pas appliqué à la Société Générale les propositions de son propre rapport, que le conseil d'administration est peuplé de gens qui lui sont dévoués, mais que le scandale est tellement énorme qu'il faut créer en urgence un poste "d'administrateur indépendant"... alors même que l'indépendance des administrateurs était la clé de voûte du Rapport Bouton de 2002 !

 Par ailleurs, ceux qui sont intéressés par la rémunération de Daniel Bouton pourront découvrir sur  http://www.linternaute.com/actualite/savoir/06/salaires-patrons-francais/bouton.shtml


que, selon un classement du magazine Capital datant de novembre 2007, Daniel Bouton a un salaire total de 3,3 millions d'euros par an, soit près de 10.000 euros par jour de l'année. Mieux encore, avec les "stock-options", ses revenus ont dépassé les 10,8 millions en 2006 - soit près de 30.000 euros par jour de l'année, faisant du PDG de la Société Générale le 2e patron le mieux payé de France

Or, comme on l'a vu plus haut, le Rapport Bouton de 2002 préconisait une "politique de rémunération plus humble, « raisonnable » et « appropriée » pour reprdnre les termes du magazine l'Expansion.



Conclusion

M. Daniel Bouton, qui pontifiait en 2002 dans un "Rapport pour un meilleur gouvernement des entreprises cotées" pour empêcher des "affaires ENRON" en France, est responsable en 2008 de la grande fraude financière de l'histoire mondiale.   

M. Daniel Bouton, qui n'avait à la bouche en 2002 que les mots d'éthique et de responsabilité, se défile en 2008 et refuse de démissionner de son poste (il se fait réclamer par ses copains du conseil d'administration)

  M. Daniel Bouton, qui recommandait en 2002 une politique de rémunération "raisonnable" pour les dirigeants des entreprises françaises, est le deuxième patron le mieux payé de France en 2008, avec près de 30.000 euros de gain par jour (samedi et dimanche compris) si l'on inclut les stock-options.


Tout ceci est allélgorique de la France contemporaine.
Les pseudo-"élites" françaises distribuent avec condescendance des conseils et des mises en garde tout autour d'eux, sans jamais se les appliquer à elles-mêmes et sans jamais se rendre compte de l'indécence absolue de leurs comportements.

Tout comme Jacques Attali qui, après avoir été le "sherpa" de Mitterrand en 1981 qui a nationalisé tout le secteur bancaire et industriel du pays, a encore le culot de donner ses "conseils" en 2008....

François Asselineau, président de l'Union Populaire Républicaine (UPR)

Dernières nouvelles, un financier de Bush serait lié à l'affaire : u-p-r.org/ab/index.php





Par Julien B. - Publié dans : Actualités économiques et sociales
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Mercredi 26 décembre 2007 3 26 /12 /2007 01:57
undefined N'avez-vous pas remarqué que tous nos bons libéraux mettent sur le tapis la dette publique à chaque fois qu'il s'agit de nous expliquer que la France dépense trop pour l'Assurance Maladie, la Sécurité Sociale, l'emploi, les retraites, les services publics,......?

C'est bien entendu le cas de Nicolas Sarkozy et de son gouvernement. Mais il y en a bien d'autres.

On pourrait aussi citer des personnages plus anecdotiques, par exemple Sabine Herold la porte-parole du micro-mouvement Alternative Libérale qui pour une raison obscure est souvent invitée sur les plateaux télés (ce qui prouve bien que la télé française a sombré dans une abyssale nullité intellectuelle) pour sortir à chaque fois la même stupidité sur "la dette publique que devront payer nos enfants". On a vraiment envie de lui dire "sois belle et tais-toi" et de lui demander d'ouvrir un manuel basique d'économie générale au moins une fois dans sa vie.

N'oublions pas non plus Jacques Marseille, ce Rantanplan de la pensée économique et politique bien connu par ailleurs pour avoir voulu démontrer que la colonisation de l'Algérie a plus coûté à la France qu'elle ne lui a rapporté (hélas il oublie dans son calcul scientifique d'intégrer les profits dégagés par les entreprises capitalistes françaises qui ont investi en Algérie, sacré couillon !) mais surtout pour avoir proposé de supprimer l'impot sur le revenu alors que la France est le pays d'Europe où l'impôt sur le revenu (impôt juste, redistributif car payé davantage par les riches que par les pauvres) est le plus faible et à l'inverse où la TVA (impot injuste, non redistributif car payé autant et même proportionnellement davantage par les pauvres que par les riches) est la plus forte.

La liste des libéraux qui monopolisent les plateaux télés et les émissions de radio pour faire de la désinformation sur la dette publique est longue, il est inutile de la poursuivre. Mais face à ces escrocs et dangereux démagogues (qui en réalité ne sont pas stupides mais font semblant de l'être pour défendre leurs intérêts, la vérité n'est pas une affaire d'intelligence mais de volonté), il est urgent de faire preuve de bon sens, d'honnêteté intellectuelle, en un mot de dire la vérité aux français sur cette fameuse dette publique qui fait couler beaucoup d'encre et de salive.

D'abord, il faut préciser que la dette publique n'est absolument pas une spécificité française. Les critères de Maastricht, et plus précisément le "Pacte de stabilité", limitent le montant des dettes publiques à un montant de 60% du PIB. Il est de 66% en France, contre 72% en moyenne pour les autres pays de la zone euro. La France est donc en moyenne moins endettée que ses voisins. C'est un premier point important à souligner car tout le monde n'en a pas nécessairement conscience.

Les libéraux et les médias du capital (ou des rentiers) nous expliquent qu'il n'existe qu'une seule solution pour résoudre le problème de la dette : la diminution des dépenses publiques et du coût du service public. Mais c'est une contre-vérité. Pour s'en persuader, il suffit de remonter aux origines de cette dette : la baisse des impôts des riches et les intérêts payés chaque année aux rentiers.

Alors qu'avec l'impôt, les sommes prélevées aux riches ne coûtaient rien à l'Etat, il n'en va plus de même avec l'emprunt. Le service de la dette (les intérêts versés aux rentiers, créanciers de la dette publique) est aujourd'hui le deuxième poste de dépenses de l'Etat et pourrait devenir le premier avec la hausse des taux d'intérêts programmée par la Banque Centrale Européenne. Les rentiers ont du même coup gagné sur deux tableaux : ils paient moins d'impôts et ils prêtent à l'Etat en contrepartie du versement d'intérêts les sommes qu'ils auraient du payer sous forme d'impots.

Les rentiers qui s'enrichissent en dormant pourront parfaitement transmettre leurs titres (créances de la dette) à leurs enfants, et d'autant plus facilement avec la quasi-suppression des droits de succession généreusement offerte par Sarkozy. C'est ainsi que le poids de la dette ne reposera pas sur tous nos enfants comme le disent nos libéraux avec leurs yeux humides : certains enfants - ceux issus des classes populaires - paieront les intérêts de la dette, pendant que d'autres - fils et filles de bons libéraux rentiers - percevront les intérêts de la dette.

Nous pouvons en déduire que la solution la plus juste à mette en oeuvre pour équilibrer le budget, pour éviter les déficits qui creusent la dette et au-delà pour maintenir la cohésion nationale et sociale est d'augmenter les impôts des riches et supprimer le service de la dette (ou au moins dans un premier temps baisser les taux d'intérêts).

Ceci va évidemment à l'encontre des recommandations de cet Empire anti-populaire qu'est l'Union Européenne qui avec sa doctrine du "budgétarisme" invite ses provinces à réussir à équilibrer leur budget en alliant allègement de la fiscalité et baisse des dépenses publiques.

De mon coté, j'invite cordialement les libéraux à rejoindre par charter (ou plutot par bateau, c'est plus écologique) leur Patrie idéologique - les Etats-Unis - pays le plus libéral de la planète qui est aussi le plus endetté du monde.

Par Julien B. - Publié dans : Actualités économiques et sociales
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander

Présentation

  • : Pour le Socialisme et l'Indépendance Nationale
  • Pour le Socialisme et l'Indépendance Nationale
  • : France socialisme communisme nation indépendance Politique
  • : Vous voulez adhérer à notre organisation, nous poser des questions, nous donner des conseils pour l'amélioration du blog, faire connaissance autour d'un pot virtuel, nous insulter,...... Vous voulez nous aider à la rédaction d'articles (sachant que vu le niveau du blog, il n'y a pas besoin d'avoir une plume phénoménale pour cela) ou vous avez des idées de sujets que nous pourrions aborder ? Alors n'hésitez pas à nous contacter à l'adresse suivante : contact@socialisme-et-souverainete.fr
  • Recommander ce blog
  • Retour à la page d'accueil

Liens

Recherche

Commentaires Récents

Créer un blog gratuit sur OverBlog - Contact - C.G.U. - Signaler un abus - Articles les plus commentés