Pour tenter de sauver leur économie, leurs emplois et leurs retraites, les Etats-Unis ont décidé de faire bondir leur endettement et
leurs déficits publics alors qu’ils sont en situation de quasi-faillite. Plus que jamais, les Américains jugent que nos fameux « critères de Maastricht » sont nuisibles.
Plan Paulson : une explosion de l'endettement américain
L’agence de notation américaine Fitch a fait savoir le samedi 4 octobre que le plan de sauvetage massif du secteur bancaire américain – dit "Plan Paulson" - promulgué la veille par le président
Bush va entraîner une augmentation considérable de la dette américaine.
Cette agence rappelle que la dette publique américaine, qui était évaluée à 9.646 milliards de dollars au 31 août, représente d'ores et déjà 67,4% du PIB américain. Et l’agence souligne que,
suite au Plan Paulson, cette dette va dépasser très largement la barre des 10.000 milliards en 2009, donc qu'elle "dépassera les 70% du PIB, pour la première fois depuis les années
50".
Selon les analyses d’une autre agence, Daily FX, citées par l’agence France Presse, la dette publique américaine va même bondir "à 11.315 milliards de dollars", ce qui correspondra à rien moins
que 80% du PIB américain.
L’agence de notation Fitch précise également que "le déficit budgétaire gouvernemental (fédéral, régional et local) atteindra 10% du PIB en 2009".
Toutes ces informations son tellement importantes qu’il vaut la peine de s’y arrêter un peu pour les commenter. Et cela d'autant plus que l'on peut être sûr que les media français vont les passer
peu ou prou sous silence.
La dette publique et le déficit budgétaire américains sont déjà bien plus lourds que ceux de la France…
Comme nous y convie l’agence Fitch, remarquons tout d'abord que la dette publique américaine actuelle atteint un montant égal à 67,4% du PIB des Etats-Unis. L’agence aurait pu ajouter qu’au cours
de l’année fiscale 2008, le déficit budgétaire américain a dépassé les 500 milliards de dollars, soit un niveau de l’ordre de -4% du PIB.
Ces niveaux d’endettement public et de déficit budgétaire américains sont très largement ignorés de nos concitoyens, car nos medias et nos responsables politiques les ont toujours soigneusement
cachés. Ils sont pourtant fort instructifs à deux égards :
1. d’une part, ils montrent que les Etats-Unis ne s’astreignent nullement à respecter les fameux critères de Maastricht que l'on impose à la France et aux autres pays membres de la zone
euro.
Rappelons que ces critères affirment qu'une économie moderne ne devrait en aucun cas dépasser un niveau d’endettement public de 60% du PIB et un niveau de déficit budgétaire de -3% du PIB. Ils
fixent également comme principe l’idée que le déficit budgétaire doit, à terme, être égal à zéro et y rester, c'est-à-dire que le budget d'un Etat doit être toujours à l’équilibre et doit même,
si possible, dégager des excédents. En bref, ces critères reviennent à la conception économique qui prévalait justement avant la crise des années 30 et les acquis fondamentaux de la théorie
keynésienne.
Or les faits sont là : puisque les Etats-Unis, qui sont encore la première économie du monde, ne respectent pas ces critères, c'est bien la preuve que les critères de Maastricht sont à tout le
moins arbitraires, contestables, et contestés.
2. d’autre part, l’endettement public américain actuel atteint un ratio sensiblement supérieur à celui de la France, puisque le nôtre – qui était de 65,9% au 31 décembre 2007 – se situe 1,5 point
en-dessous du niveau d’endettement public américain.
Puisque les Etats-Unis, Mecque du capitalisme et du libéralisme inlassablement présentée comme modèle à suivre par nos medias, ont une dette publique plus lourde que la nôtre, la preuve est donc
faite que le discours politique ambiant en France est un discours de désinformation et de propagande. Car ce discours consiste à culpabiliser les Français depuis des années sur notre niveau
d’endettement public, comme s’il s’agissait d’une pathologie extravagante, alors qu’une simple comparaison internationale prouve qu'il n'en est rien.
Ce double constat n’est pas nouveau pour les adhérents et sympathisants de l’Union Populaire Républicaine (UPR) puisque nous ne cessons de le répéter depuis la création même de notre mouvement
politique. Nous l’avons d’ailleurs mentionné explicitement dans notre Charte fondatrice du 25 mars 2007.
Depuis sa fondation, l’UPR est ainsi le seul parti politique qui explique aux Français – désespérés par le lavage de cerveau continuel sur notre prétendue faillite collective - que notre
endettement public, certes un peu élevé, n’est pas du tout une anomalie, loin s’en faut. Nous sommes les seuls à faire des comparaisons internationales et à rappeler que de nombreux pays,
notamment les Etats-Unis, mais aussi la Belgique, l’Italie, la Grèce, l’Allemagne ou le Japon, ont des niveaux d’endettement public supérieurs, et souvent très largement supérieurs, au
nôtre.
…et les Etats-Unis ont décidé de faire gonfler leur dette publique et leur déficit budgétaire beaucoup plus encore.
Nos analyses ont bien entendu rencontré un certain scepticisme dans les premiers mois d’existence de notre mouvement car elles remettaient en cause les dogmes de la pensée unique, assénés depuis
des années comme une vérité absolue par tous les medias et tous les mouvements politiques français. Comment pouvions-nous avoir raison contre tous ?
Mais la pertinence de nos analyses saute désormais aux yeux d'un nombre croissant de Français, comme en témoigne la forte croissance des contacts et des messages d’encouragement que l’UPR reçoit
depuis quelques semaines.
De fait, puisque les agences Fitch et Daily FX viennent de nous informer que l’endettement public américain va bondir de 67,4% à près de 80% du PIB tandis que le déficit budgétaire américain va
plonger de -4 jusqu’à -10% du PIB, cela signifie que les Etats-Unis, qui estimaient déjà que les fameux critères de Maastricht étaient dépourvus de sens, ont décidé d’adopter une politique qui va
tout simplement à l’encontre de la philosophie même qui les sous-tend.
Avec l’adoption du Plan Paulson, les Etats-Unis ont décidé de battre des records de déficit, pulvérisant au passage tous les critères de Maastricht, et cela au motif qu’il faut absolument sauver
à la fois l’économie américaine, son système financier, ses emplois et ses retraites.
Examinons pourquoi les autorités américaines agissent de la sorte.
L’endettement public n’est qu’une partie de l’endettement d’une nation
Les faits venus d’outre-Atlantique amènent un nombre croissant de Français à réaliser à quel point les discours politiques européistes dont on les a abreuvés depuis des années étaient trompeurs
puisqu’ils focalisaient uniquement leur attention sur le seul endettement public.
Sur la foi d’une idéologie implicite, mais qui saute maintenant aux yeux, ce discours lancinant faisait comme si l’Etat était décidément l’ennemi à abattre, et comme si les dépenses publiques
étaient décidément les seules qui posaient problème.
Or, comme nous n’avons pas cessé de l’analyser à l’UPR, et comme la crise des "subprime" le révèle de façon fracassante, l’endettement d’une collectivité nationale est un tout. On ne peut pas
porter un jugement éclairé si l'on n’en observe que l'un des compartiments. On ne peut pas juger de la bonne santé financière collective d’un pays si l'on ne prend pas en compte, non seulement
l’endettement public, mais aussi l’endettement privé, c'est-à-dire celui des ménages et celui des entreprises.
Le discours sur "l’endettement public insupportable que nous allons transmettre à nos enfants" est un discours mensonger
Du reste, le discours larmoyant continuel de nos dirigeants sur "le niveau de dette publique insupportable que l'on va laisser à nos enfants" prend tout son caractère idéologique et trompeur
lorsque l’on songe que nos fameux "enfants" vont également écoper de l’endettement des ménages et des entreprises dont nous leur ferons cadeau.
Or une dette publique présente la particularité de pouvoir être indéfiniment reportable dans le temps puisqu’un Etat, en général, est éternel. C'est ainsi que la France est endettée depuis au
moins Philippe le Bel, voici 700 ans, et que toutes les générations qui nous ont précédés ont légué à la suivante un endettement public que nous-mêmes transmettrons à nos enfants, qui le
transmettront à leur tour à leurs enfants, et ainsi de suite.
Mais à la différence de l’endettement public, qui est une dette collective indéfiniment reportable, l’endettement des ménages est une somme de millions d’endettements individuels qui ne sont pas,
eux, indéfiniment reportables, pour la simple raison que la vie humaine est limitée.
Dès lors, nos fameux "enfants" sur le sort desquels on veut nous apitoyer sont beaucoup plus menacés par un fort taux d’endettement des ménages que par un fort taux d’endettement public. Car si
un couple est ruiné par un endettement excessif et perd ainsi les économies de toute une vie, ce sont bien ses enfants qui trinqueront, de la façon la plus concrète qui soit, en démarrant dans la
vie sans le moindre héritage.
C'est d’ailleurs justement la tournure que prennent les événements outre-Atlantique. Ce n’est pas la dette publique américaine qui chasse des millions d’Américains de leur domicile – et leurs
enfants avec eux - mais bel et bien le monstrueux endettement privé qu’on leur a collectivement fait souscrire. Les faillites personnelles y connaissent une progression effrayante puisque
2.100.000 faillites personnelles ont été enregistrées aux Etats-Unis en 2006, soit 2 fois plus que de divorces ! Et ce nombre connaît actuellement une croissance encore plus vertigineuse, qui ne
peut que s’accélérer encore au cours des prochains mois.
De la même façon, l’endettement des entreprises n’est pas indéfiniment reportable et il cesse lorsque l’entreprise est acculée au dépôt de bilan, et se voit contrainte de mettre à la rue tous ses
salariés. Dès lors, là aussi, les fameux "enfants" sont beaucoup plus menacés par un fort taux d’endettement des entreprises que par un fort taux d’endettement public. Car si l’entreprise dans
laquelle leurs parents travaillent fait faillite, ce sont bien les enfants qui trinqueront, en connaissant les affres de parents au chômage et d’une vie familiale terriblement déstructurée et
appauvrie.
D’une façon plus globale, le legs qu’une génération fait à celles qui la suivent ne se limite absolument pas à la seule dette publique. Le legs est un tout. Le legs contient aussi l’endettement
privé des ménages et des entreprises, on vient de le dire, mais aussi tout ce qui leur est corrélé :
* un outil industriel et commercial puissant ou affaibli,
* un réseau d’infrastructures performant ou hors d’usage,
* un système sanitaire et hospitalier efficace ou défaillant,
* un système de protection sociale humain ou inhumain,
* un système d’enseignement qui permet l’ascension sociale ou qui la bloque,
* des services publics en zone rurale qui préservent des modes de vie ou des territoires qui se vident sous l’effet implacable de la rétraction de la sphère publique,
* etc., etc.
Vu sous cet angle, qui est le seul économiquement, socialement et historiquement exact, le discours lancinant des européistes sur "le niveau de dette publique insupportable que l'on va laisser à
nos enfants" apparaît pour ce qu’il est : une formule à l’emporte-pièces complètement irréfléchie, une propagande scandaleusement réductrice et biaisée, qui ne fait au fond le jeu que d’intérêts
politiquement et sociologiquement faciles à deviner : ceux qui sont, par intérêt personnel; contre toute intermédiation sociale de l’Etat.
Où en sont l’endettement des ménages et l’endettement des entreprises, en France et aux Etats-Unis ?
Si l'on veut bien admettre l’analyse qui précède, et si l'on fait l’effort de se soustraire au lavage de cerveau européiste et ultra-libéral pour examiner lucidement l’endettement des ménages et
l’endettement des entreprises des deux côtés de l’Atlantique, on découvre qu'il existe un gouffre formidable entre la situation de la France, qui reste favorable, et celle des Etats-Unis, qui est
proprement catastrophique :
1. En France, une situation d’endettement encore raisonnable
En dépit des problèmes de surendettement d’une fraction d’entre eux, le niveau d’endettement global des ménages français demeure raisonnable, puisque la Banque de France l’estime à environ 47% du
PIB. Encore s’agit-il d’un endettement brut et non d’un endettement net, défalqué de l’épargne mise de côté. Or, parmi les ménages de tous les pays occidentaux, les ménages français sont ceux qui
ont le plus fort taux d’épargne (de l’ordre de 16 à 17% du revenu disponible alors que la moyenne de l’Union européenne est à 10%). L’endettement net des ménages français est donc de l’ordre de
30% du PIB.
Quant au niveau d’endettement moyen des entreprises françaises, il demeure relativement satisfaisant, même s'il est en assez forte croissance. Il atteint actuellement un volume de l’ordre de 57%
du PIB, selon la Banque de France.
2. Aux Etats-Unis, une situation d’endettement catastrophique
Le taux d’épargne des ménages américains présente en revanche une particularité extraordinaire, dont on ne connaît pas de précédent dans toute l’histoire économique mondiale : depuis quelques
années, il est, selon les sources, soit voisin de zéro, soit même négatif. Ce qui signifie qu’en moyenne, les ménages américains n’ont plus le moindre sou devant eux et qu'ils n’ont que des
dettes.
Du reste, l’endettement moyen des ménages américains est extraordinairement élevé, du fait que les banques américaines leur ont prêté de l’argent à tout-va pendant des années, notamment pour les
prêts à la consommation et les prêts immobiliers, avec la bénédiction de la Réserve Fédérale américaine. On estime ainsi que l’endettement total net des ménages américains est actuellement de
l’ordre de 110% du PIB, près de 4 fois supérieur à l’endettement net des ménages français.
C'est d’ailleurs cet hyper-endettement des ménages et l’insolvabilité qui en découle lorsque les taux d'intérêt remontent qui sont justement à l’origine de la fameuse crise des "subprime" qui
fait désormais la Une des journaux du monde entier et qui est en train de ravager le système financier américain et mondial.
On estime par ailleurs que l’endettement des entreprises américaines est actuellement de l’ordre de 210% du PIB américain, soit près de 3,5 fois plus que l’endettement des entreprises
françaises.
Pour la même raison que les ménages, les entreprises américaines ont en effet bénéficié des largesses extravagantes des banques et de la Réserve Fédérale. Le retournement de la conjoncture
associée à la hausse des taux d’intérêt est en train de conduire à la faillite de très nombreuses PME. L’hyper-endettement des entreprises est également au cœur de "l’effet domino" des faillites
bancaires américaines.
Le grand secret : l’endettement total des Etats-Unis est 2,7 fois plus grave que l’endettement total de la France
L’ensemble de l’analyse qui précède nous conduit tout naturellement à la conclusion, que les vrais économistes connaissent d’ailleurs parfaitement : à savoir que la donnée essentielle pour juger
de la santé financière d’une nation, c'est le niveau d’endettement total de tous ses agents économiques : l’Etat et les collectivités publiques, mais aussi les ménages et les
entreprises.
Examinée sous ce critère, la France pâtit, il est vrai, d’un endettement public un peu trop fort par rapport à ce qui serait souhaitable (65,9% du PIB), mais elle bénéficie a contrario d’un
endettement net des ménages et d’un endettement des entreprises raisonnables l'un et l'autre. De telle sorte que l'on estime que l’endettement total de la société française, tous agents
économiques confondus, tourne autour de 2.800 milliards d’euros, soit environ 153 % de son PIB .
Si l'on veut prendre une image, l’endettement total de la France (public + ménages + entreprise) est ainsi d'un poids comparable à ce que serait, pour un ménage de salariés modestes où le mari et
la femme travaillent et gagnent ensemble 3.000 € (20.000 F) de revenus nets par mois, (soit 36.000 € par an), un endettement total de 55.000 €. (360.000 F). Comme on le mesure, il s’agit d'un
endettement assez lourd mais encore gérable. Il s’agit même d'un endettement qui peut être judicieux si la contrepartie de cet endettement est la propriété d’une résidence principale
d’habitation.
En revanche, examinés sous ce même critère, les Etats-Unis ne pâtissent pas seulement d'un endettement public trop élevé et qui va s’accroître très fortement dans les semaines qui viennent pour
atteindre 80% du PIB. Les Etats-Unis souffrent aussi d’un endettement net des ménages (110 % du PIB) et d’un endettement des entreprises (210% du PIB) aussi excessifs l'un que l'autre. De telle
sorte que l'on estime que l’endettement total de la société américaine, tous agents économiques confondus, est aujourd'hui supérieur à 53 billions de dollars (53.000 milliards de dollars), qu'il
va atteindre très vite 55.000 milliards de dollars avec le Plan Paulson, et qu'il est donc de l’ordre de 410% du PIB des Etats-Unis (ce dernier est de l’ordre de 13.000 milliards de
dollars)..
Pour reprendre notre image précédente, l’endettement total des Etats-Unis (public + ménages + entreprise) est d'un poids comparable à ce que serait, pour le même ménage de salariés modestes
gagnant 3.600 € par mois (20.000 F), un endettement total de 147.000 € (970.000 F). Comme on le mesure, il s’agit cette fois d'un endettement démesuré et dont les remboursements mensuels sont
devenus très excessifs par rapport aux revenus du ménage. Celui-ci n’est plus en mesure de les rembourser et la situation de quasi-faillite est avérée.
En résumé apparaît ici l'un des grands secrets du prétendu dynamisme américain : en pourcentage de leur PIB respectif, l’ensemble de la société américaine est 2,7 fois plus endetté que l’ensemble
de la société française. Ce grand secret, les medias et les responsables politiques se sont bien gardés de le dire aux Français, pendant toutes ces longues années où ils ne cessaient de leur
donner les Etats-Unis en modèle, tout en osant au même moment les culpabiliser sur l’endettement des seuls pouvoirs publics français !
CONCLUSION : LES ETATS-UNIS, EN QUASI-FAILLITE, CREUSENT LEURS DEFICITS PUBLICS POUR ESSAYER DE S’EN SORTIR
En conclusion, l’UPR propose aux Français de retenir des événements les enseignements essentiels suivants :
1. Ce n’est pas la France mais les Etats-Unis qui sont en situation de quasi-faillite. Car les Etats-Unis sont en moyenne 2,7 fois plus endettés, au prorata de leur PIB, que ne l’est la France et
cette situation n’est financièrement plus viable. Contrairement aux responsables français qui semblent soudain découvrir le problème, c'est un constat que l’UPR a fait depuis sa création
puisqu’il figure en toutes lettres dans notre Charte fondatrice du 25 mars 2007 (page 2).
2. Cette quasi-faillite américaine ne découle pas du surendettement de l’Etat américain mais du surendettement privé, qu'il soit celui des ménages ou des entreprises.
3. Pour tenter de remédier à une situation devenue catastrophique, les autorités américaines aux abois en sont réduites, comme toujours en pareil cas, à se retourner vers l’Etat, c'est-à-dire
vers la collectivité nationale, que les économistes qualifient souvent de l’intéressante expression de"prêteur en dernier ressort". En l’espace de quelques semaines, l’économie américaine est
ainsi devenue l’une des principales économies socialistes du monde, si l'on veut bien réduire cet adjectif à son acception d’intervention publique dans l’économie : de fait, les 4 plus grandes
institutions financières américaines (Fannie Mae, Freddy Mac, AIG et Washington Mutual) ont été de facto nationalisées.
4. Les événements en cours aux Etats-Unis montrent ainsi l’imbécillité et le parti-pris de la pensée ultra-libérale dont le seul credo est de faire de l’Etat l’ennemi à abattre. Plutôt que de
surveiller fiévreusement et idéologiquement le seul endettement public – comme nous en font obligation les stupides critères de Maastricht -, les Etats devraient surveiller l’ensemble des
endettements de tous les agents économiques. Et plus particulièrement ceux des ménages et ceux des entreprises, car toute l’expérience historique – de nouveau d’actualité -montre qu’ils sont en
général beaucoup plus portés aux excès que l’endettement public.
En conclusion, les événements en cours justifient pleinement la position constante de l’UPR, qui nous a valu bien des quolibets et qui nous vaut maintenant bien des ralliements. Les donneurs de
leçons bruxellois et leur modèle d’outre-Atlantique ont plongé la France dans une stratégie suicidaire, que ce soit du point de vue financier, économique, industriel et social, sans parler de
l’aspect profondément immoral, et humainement abject, du monde d’escroquerie et de pacotille véhiculé par l’ultra-libéralisme.
La France doit donc cesser de suivre ces mauvais apôtres et reconquérir sa souveraineté économique et financière pour décider librement du niveau d’intervention étatique dont notre pays a besoin.
C'est le seul moyen de sortir la France du marasme, et nous devons impérativement laisser les critères de Maastricht aux nigauds ou aux imposteurs qui voient toujours la paille dans l’œil de
l’Etat, mais qui se refusent à la voir dans celui des acteurs privés.
Ce ne sont certes pas les responsables qui ont failli qui doivent continuer à nous intimider pour nous dire ce qui est bon pour la France.
François ASSELINEAU
SOURCE : UNION POPULAIRE REPUBLICAINE
http://u-p-r.org/ab/index.php?page=article&id=71
Excellente et complète mise au point sur la question de l'endettement et de ses multiples facettes,
trop souvent oubliées mais connues de tous les économistes et même de tout étudiant en économie de 1er cycle universitaire. J'avais du reste deja fait une tentative d'explication, certes bien
plus approximative et maladroite mais plus drole : http://fn-populaire-et-social.over-blog.com/article-14940570.html
A noter que ces changements ne seront possibles qu'à condition que LA FRANCE SORTE DE L'UE, ce dont
l'UPR a évidemment pleinement conscience car c'est la clé de voute de son programme pour ne pas dire sa raison d'exister.
LA SORTIE DE LA FRANCE DE L'UE - condition sine qua non pour pouvoir faire de vrais changements quels qu'ils soient - c'est justement
ce que refusent catégoriquement de proner les "chouchous des médias" qui sont censés représenter le "camp des contestataires", j'ai nommé Olivier Besancenot et Marine Le Pen.
Olivier Besancenot comme Marine Le Pen ne demanderont jamais la sortie de la France de L'UE car ça leur coûterait le leadership sur
les "courants contestataires" que les médias leur ont accordé.
Si un jour Marine Le Pen ou Olivier Besancenot réclament clairement la sortie de la France de l'UE, je veux bien remonter l'avenue des
Champs-Elysées à poil. Mais je ne risque rien en disant cela tant la messe parait entendue concernant ces deux personnages.
J'invite solennellement tous ceux qui pourraient avoir de la sympathie pour Olivier Besancenot ou Marine Le Pen, et qui dans le même
temps sont favorables à une sortie de la France de l'UE pour ouvrir ensuite la voie à un vrai changement, à bien réfléchir et à être cohérent dans leur engagement. Mieux vaut y voir clair au plus
vite que perdre plusieurs années à se bercer de fausses illusions, aussi douces soient-elles.
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