Lundi 20 octobre 2008
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Vendredi dernier, je me suis rendu chez le
médecin (rien de grave, que mes nombreux admirateurs se rassurent).
Comme il y avait beaucoup de monde (bien 5 personnes devant moi), j'ai du patienter dans la salle d'attente pendant une bonne heure.
Je regarde ce que me propose le tas de magazines empilé. Mon attention est attirée par des numéros de "Vocable version espagnole", un magazine bi-hebdomadaire (c'est à dire paraissant
toutes les deux semaines) d'apprentissage des langues (disponible en version anglaise, allemande et donc espagnole).
Les deux derniers numéros d'octobre sont particulièrement intéressants car ils se focalisent sur Cuba et son "castrisme" pour le premier, le Vénézuela et son "chavisme" pour le second (je
n'invente rien, les termes "castrisme" et "chavisme" sont utilisés texto afin de bien imprimer l'idée que ces pays sont dirigés par des dictateurs).
Dans le premier numéro "spécial Cuba", l'édito rédigé par la jeune conne bourgeoise rédactrice en chef se demande, en montrant un souhait non dissimulé, si la récente
catastrophe naturelle (ouragan) qu'a connu Cuba va l'obliger à ouvrir l'économie à l'initiative privée et aux capitaux étrangers. Il faut beaucoup de bassesse d'âme pour vouloir se servir
d'une catastrophe naturelle pour faire de la propagande politique.
Mais ceci n'est rien à coté du contenu direct du journal. Certes, le journal est en espagnol et je ne maitrise pas bien la langue de Cervantès et de Fidel Castro. Mais j'ai des bases qui me
permettent de bien comprendre les grandes lignes des articles (de toute façon, l'espagnol c'est presque comme le français, suffit de rajouter des A et des O à la fin des mots !).
Parmi ces articles, un article crapuleux - que dis-je ordurier ! vomitif ! dégueulasse ! - de l'économiste capitaliste d'origine cubaine Oscar Espinosa Chepe, intitulé "Cuba et les élections aux
Etats-Unis" ("Cuba y las elecciones en Estados Unidos") dans lequel l'auteur explique pêle-mêle :
-que la "frange la plus dure du régime castriste" (c'est à dire la plus communiste), composée notamment de Fidel Castro et de Armando Hart, espère une victoire de John McCain plutot que de Barack
Obama car Obama serait moins intransigeant que son adversaire et donc qu'une victoire de McCain sera plus à même d'alimenter le "fantasme" (oui le mot utilisé est bien fantasme ! un blocus de 50
ans, c'est du fantasme ! les actes terroristes américains contre Cuba, c'est du fantasme !) de l'ennemi extérieur pour faire oublier les difficultés internes ! Pur mensonge, au passage, car Fidel
Castro a explicitement annoncé son soutien à Obama (chacun peut vérifier, de nombreux articles d'actualité en rendent compte) !
-qu'une victoire d'Obama sera la preuve que les Etats-Unis sont un pays où la discrimination raciale n'existe pas, ce qui constituerait un formidable camouflé pour les autorités cubaines qui font
de la "propagande" sur les discriminations raciales aux USA (qui sont aussi du "fantasme")
-que Cuba est un horrible pays totalitaire et que l'expérience socialiste sur l'ile est un désastre sur tous les plans (ce que tous les indicateurs sérieux - IDH, espérance de vie,
alphabétisation, empreinte écologique,..... - démentent fermement, mais il est vrai que les économistes capitalistes ne raisonnent qu'en terme de PIB. Pognon ! Pognon ! Pognon ! J'ai donc je
suis !)
-que les gentils cubains de Miami (en fait des terroristes mafieux capitalistes qui se sont rendus coupables d'attentats et qui ont fait la fête quand ils ont appris la maladie de Fidel Castro, ce
qui est révélateur de leur grande bassesse d'âme) espèrent, avec Raul Castro, établir de plus forte relations avec "leur" pays d'origine, et prouver aux jeunes cubains - par leur réussite
matérielle - qu'aux USA, on peut s'élever facilement à force de travail et de mérite ! De la pure idéologie capitaliste écoeurante, qui explique en gros que ceux qui ne s'élèvent pas et restent en
bas de l'échelle sociale ou ne veulent pas s'intégrer au merveilleux système capitaliste mondialiste et à ses magnifiques valeurs individualistes, égoistes (chacun pour soi et tout pour ma gueule
!) sont des perdants qu'il faut culpabiliser
Et j'en passe ! Vous aurez bien compris le but de l'article et la ligne idéologique du magazine.
J'ai encore un peu de temps avant ma visite médicale, je prend donc mon courage à deux mains pour dévorer (dans les grandes lignes) un second numéro de Vocable version espagnole, celui-ci consacré
donc au Vénézuela et à un bilan de 10 ans de "chavisme".
La même jeune conne bourgeoise rédactrice en chef l'accuse d'être un populiste dont la principale caractéristique est de pratiquer la discrimination politique et qui compromet la "liberté de la
presse" (la même qui lui permet de rédiger son torchon) et la liberté syndicale. Et de citer un rapport de l'organisation droit-de-l'hommiste Human Right Watch qui dénonce une détérioration des
libertés avec autocensure et autres listes noires.
On peut espérer que le Vénézuela supprimera très vite la liberté de la presse telle qu'elle règne chez nous, où tous les médias de masse appartiennent à des grands groupes capitalistes qui ne
donnent qu'un seul son de cloche, celui qui consiste à défendre systématiquement les intéréts privés capitalistes et à dénigrer toutes les expériences socialistes (même si parler de socialisme pour
Chavez est d'ailleurs bien fort) et les luttes sociales.
En conclusion, ce torchon qui fait la propagande de l'Empire capitaliste est rédigé par des petits-bourgeois - probablement encartés au MODEM ou à l'UMPS - et il est certainement
subventionné par des groupes capitalistes. J'ai bien cherché une adresse pour pouvoir leur écrire et les insulter mais je n'en ai pas trouvé.
La morale de l'histoire : même lorsque nous voulons apprendre une langue étrangère, nous sommes obligés de bouffer de la
propagande capitaliste. Aussi, faites comme moi : refusez d'apprendre toute langue étrangère, ne parlez que français.
Par Julien B.
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Publié dans : Amérique Latine
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