Mardi 6 octobre 2009
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Depuis maintenant plusieurs mois, les médias
nous rebattent les oreilles avec une soi-disant vague de suicides chez France Télécom.
Or, comme le fait remarquer l'article suivant d'un blog nationaliste
http://revolution-nation-liberation.over-blog.com/article-36832409.html
le taux de suicide chez France Télécom ne semble guère plus important que le taux de suicide national.
On pourrait certes objecter qu'il ne faut pas comparer le taux de suicide chez les cadres de France Télécom avec le taux de suicide national mais plutot avec le taux de suicide dans la population
des cadres, probablement plus faible que le taux de suicide national. Ce n'est pas faux.
Mais expliquer ces suicides simplement par les conditions de travail est très réducteur. En effet, le suicide résulte souvent (pour ne pas dire toujours) de multiples causes.
Je me souviens du début de cette "affaire France Télécom" (il y a bien un an maintenant) avec un reportage dans lequel une collègue d'un suicidé expliquait qu'elle ne pouvait expliquer ce geste,
que la victime de 50 ans était épanouie, même si elle n'était pas mariée et n'avait pas d'enfants.
Cette précision est d'importance : n'est-il pas un peu facile de mettre sur le dos des conditions de travail le suicide d'un célibataire sans enfants de 50 ans ? Tout à fait personnellement, si je
me rend compte à 50 ans que je suis célibataire et sans enfants et donc que je n'ai rien construit dans ma vie même sur ce plan-là (ce qui est d'ailleurs fort probable, à condition que je tienne
jusqu'à 50 ans), ça pourrait constituer un bon motif de désespoir, de sentiment d'immense gachis et in fine de suicide.
Par ailleurs, cette affaire me fait penser à un propos de comptoir assez pertinent d'un individu que je ne porte pas dans mon coeur (c'est peu de le dire) à propos de cette affaire et de France
Télécom en particulier.
Cet individu, dont je ne dévoilerai pas l'identité et qui est un inculte politique (il a les idées de Philippe de Villiers mais vote à gauche, c'est dire), a travaillé durant plus de 20 ans dans
une entreprise privée de téléphonie, la SAGEM, et était en conséquence souvent en contact avec des salariés et en particulier des cadres de France Télécom, à l'époque où l'entreprise était encore
totalement dans le giron de l'Etat.
Cet individu m'a expliqué que les cadres de France Télécom, à cette époque, passaient la plus grande partie de leur temps à se contenter de faire acte de présence et à jouer aux cartes et sur leur
ordinateur, et que ça devait leur faire bizarre de devoir travailler toute la journée depuis que l'entreprise a été ouverte aux capitaux privés......d'où peut-être la vague de suicides (si vague il
y a). A vrai dire ce n'est pas impossible.
Je sais bien que la gauche bien-pensante interdit systématiquement toute critique des fonctionnaires, qui est forcément de droite, libérale et patronale. Et ceci tout simplement par corporatisme,
les fonctionnaires constituant le gros de leur bataillon électoral.
Il faut cependant bien avouer que la tendance globale est aux partisans du moindre effort, c'est à dire que dans un système où le salaire est le même quelle que soit la quantité de travail fournie
(typiquement : le socialisme des imbéciles), l'individu aura toujours tendance à en faire le moins possible.
Pas besoin d'ailleurs d'aller dans la fonction publique pour constater cela. Par exemple, alors que je travaillais en intérim dans une usine qui n'était pas trop surveillée par les chefs (qui
restaient dans leur bureau tout le temps), je me souviens que je m'étais fait "engueuler" par les ouvriers pour avoir dépassé le quota de production......ce qu'il ne fallait surtout pas faire pour
éviter que les chefs n'augmentent les quotas par la suite. Ceci dit, ils avaient raison, car à quoi bon travailler à fond dans une entreprise privée si ce n'est pour enrichir des planqués parasites
?
Il n'y a pas à choisir entre d'un coté le socialisme des imbéciles, qui conduit à la démotivation, à la stagnation et enfin à la régression, et de l'autre le capitalisme dans lequel une partie du
fruit de son travail est volée par les propriétaires du capital.
L'alternative à tout cela est un socialisme intelligent avec un système de salaires au mérite, permettant de travailler à la fois pour soi et pour la collectivité, d'éviter de sombrer dans la
démotivation (cas du socialisme des imbéciles) et de se faire dépouiller par des rentiers (cas du capitalisme)
Dans le système du socialisme intelligent, le seul système véritablement juste, ça ne me dérangerait pas de travailler 50 heures par semaine. Mais dans un système de socialisme des imbéciles et
plus encore dans le système capitaliste actuel, travailler 35 heures par semaine s'apparente à un véritable supplice.
Un dernier mot pour la fin, afin de rester subversifs jusqu'au bout : laissez les gens se suicider en paix s'ils le désirent, et
arrêtez avec les leçons de morale. En ces temps où on n'a que le mot "liberté" à la bouche, soyons cohérents en respectant le libre-arbitre de chacun.
Par Julien B.
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Publié dans : Actualités économiques et sociales
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