Mardi 1 décembre 2009
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Nous nous souvenons (du moins je présume) que l'une des
premières mesures adoptée par Sarkozy suite à son élection fut non seulement de porter le bouclier fiscal à 50% mais aussi de quasiment supprimer les droits de succession.
Nous nous souvenons aussi qu'une immense majorité de citoyens français, dont le niveau de conscience politique est juste aberrant, était d'accord avec cette quasi-suppression des droits de
succession.
En effet, ne réfléchissant pas plus loin que le bout de leur nez, les citoyens français se disaient que c'était bien car ils pourraient ainsi transmettre leur héritage à leurs enfants sous avoir à
payer d'impots.
Les citoyens français n'avaient pas compris que les dispositifs qui existaient avant cette réforme permettaient deja à la majorité d'entre eux (ceux qui appartiennent aux classes les moins
favorisées) de transmettre leur héritage sans avoir rien à payer, et que la réforme Sarkozy sur les droits de succession n'avait en fait pour effet que de faciliter la transmission des patrimoines
de générations en générations pour les ennemis du peuple, pour les privilégiés ou dit autrement pour les exploiteurs qui ont ammassé des fortunes de dizaines voir de centaines de millions d'euros,
voir de milliards pour les plus riches d'entre eux.
Dans cette optique, le Parlement a voté la semaine dernière une nouvelle loi, qui de fait créé une nouvelle niche fiscale, visant à faciliter encore un peu plus la transmission d'héritages des
grands-parents vers les petits-enfants, histoire de bien nous faire comprendre que nous devrons être dirigés par la même oligarchie du fric, sans âme et sans principes, durant au moins 50
générations encore.
Attention, je suis démocrate : j'admets parfaitement qu'on puisse être favorable à l'idée d'une détaxation totale des héritages (ce qui est quasiment le cas actuellement). Mais à ce moment-là, je
demande, que dis-je j'exige, un minimum d'honnêteté intellectuelle aux partisans d'une telle politique.
Nous remarquons souvent que les partisans de la détaxation des héritages, honteusement hypocrites, sont aussi les premiers à hurler leur amour pour l'égalité des chances, pour le travail ou encore
la "méritocratie républicaine".
Se foutent-ils de notre gueule ? Ils nous font croire que le système actuel repose sur le principe d'égalité des chances (et de travail, et de mérite, et autres blablas que seuls les gogos peuvent
gober), ceci afin de bien culpabiliser ceux qui n'ont pas "réussi" (à devenir des pourris), et dans les faits, ils favorisent l'inverse en détaxant les héritages.
Un individu qui est né dans la famille de François Pinault, qui toucherait disons 100 millions d'euros d'héritage (il n'a pas de chance celui-là, comparé à son cousin qui a touché 150 millions),
part avec un formidable avantage dans la vie (c'est peu de le dire) par rapport à un individu qui est né dans une famille lambda et qui toucherait zéro. L'égalité des chances à la naissance dans le
système actuel n'existe donc pas (et ceci s'est renforcé avec la réforme Sarkozy), et l'hypocrisie qui consiste à faire croire qu'elle existe sert donc à faire mieux culpabiliser ceux qui n'ont pas
"réussi".
Alors que faire ?
Plusieurs solutions sont envisageables, selon le cadre dans lequel nous raisonnons.
Si notre parti demeure une force d'opposition et doit proposer une réforme dans le cadre du système capitaliste, la moins mauvaise mesure à prendre, toujours dans le but de limiter l'inégalité des
chances à la naissance, serait de fixer un montant maximal d'héritage qu'un individu a le droit de percevoir. En dessous de ce niveau, les héritages ne seraient pas taxés et au -dessus, on prend
tout ! De cette façon, plus personne ne pourra percevoir des millions et l'immense majorité des citoyens français (car oui, l'immense majorité des citoyens français n'a pas des millions à
transmettre) pourra transmettre son patrimoine honnêtement acquis à ses enfants (ou à d'autres, pourquoi devraient-on obligatoirement transmettre à ses enfants ?)sans avoir rien à payer à
l'Etat.
Si notre parti devient majoritaire et arrive au pouvoir, nous serons sortis du capitalisme et nous aurons instauré le socialisme. Dans le cadre du socialisme, il devient acceptable de supprimer
tout droit de succession, dans la mesure où la différence de patrimoines entre les individus devient mécaniquement moindre et dans la mesure où cette différence ne repose plus que sur le travail et
le mérite de chacun.
En attendant la perspective heureuse du socialisme, il devient urgent de déloger la couche de planqués parasites arrogants pour laquelle le petit peuple
bosse.
Julien B.
Par Julien B.
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Publié dans : Actualités économiques et sociales
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