Nous aimerions être sociaux-démocrates, ça serait beaucoup plus confortable au quotidien et ça permettrait à notre organisation d'attirer bien plus de monde (car le simplisme ça plait,
surtout en ces temps de destruction de l'intelligence et du sens). Mais dans la mesure où il est impossible et irraisonnable de défendre une idéologie à laquelle nous ne croyons pas, nous ne
pouvons l'être. Et nous allons expliquer pourquoi de la manière la plus simple et la plus rapide possible (n'en déplaise aux plumitifs et philosophards qui aiment faire des phrases de 10 lignes
avec des figures de style pour se sentir exister et pour mieux cacher le grand vide de leurs propositions concrètes).
Toutes les mesures économiques proposées par les sociaux-démocrates, que ce soit la social-démocratie traditionnelle (Parti Socialiste) ou son aile gauche
(Mélanchon, Besancenot) - les gauchistes n'étant jamais rien d'autre que l'aile gauche de la social-démocratie - sont en apparence très alléchantes et on ne peut a priori qu'y être favorable.
Citons pêle-mêle : la retraite après 37,5 ans de cotisation pour tous (1), 32 heures de travail par semaine, augmentations de salaires pour tous, taxes sur les revenus du capital, revenu
universel dès la naissance, revenu maximal (pour éviter les rémunérations trop élevées),......
Tout ceci est donc bien alléchant mais quiconque - même sans être économiste - à un peu de culture économique (c'est à dire pas les Rantanplans de la sience
économique) sait que l'économie d'un pays est quelque chose de complexe et que tout changement à des répercussions en cascade sur le reste.
C'est bien là le problème des politiques économiques social-démocrates et qui explique leur échec quand elles sont mal ficelées (2) : elles permettent certes
parfois d'atteindre leur but de réduction des inégalités, d'égaliser les parts du gateau, mais elles conduisent aussi souvent à réduire la taille du gâteau (c'est à dire à réduire la création de
richesses, un peu comme le protectionnisme d'ailleurs) ce qui fait qu'au final, chacun se retrouve avec une part de gâteau moins grosse (ce qui est problématique, surtout si ledit gateau est un
délicieux gâteau au chocolat) dans la mesure où le gouvernement d'après (ou même parfois le même gouvernement) se voit obligé de faire machine arrière pour éviter la faillite.
Il y a un exemple fameux de volte-face d'un même gouvernement pour éviter la faillite vers laquelle menait sa politique grossièrement social-démocrate : celui du
gouvernement socialiste de Pierre Mauroy en 1981, mis en place suite à l'arrivée au pouvoir de François Mitterrand.
A son arrivée à Matignon, Pierre Mauroy a tenu les promesses électorales de son mentor (comme quoi il serait faux de dire que les hommes politiques ne tiennent
jamais leurs promesses, contrairement à ce que prétendent les populo-débilo-poujadistes), c'est à dire qu'il a voulu appliquer le programme sur lequel François Mitterand fut élu.
Il a donc notamment décidé de :
1) augmenter le nombre de fonctionnaires
2) revaloriser les salaires et les prestations sociales
Evidemment, tout le monde était content. Sauf que problème : cette politique nous menait droit au désastre.
En effet, suite à l'adoption de ces mesures, l'économie française est entrée gravement en crise : le besoin de financement des administrations publiques a explosé,
l'inflation (augmentation des prix, qui a pour conséquence d'annuler mécaniquement la hausse des salaires) a atteint des niveaux préoccupants, le solde commercial s'est dégradé et plus grave
encore, le chômage a largement augmenté.
Après cet échec, Pierre Mauroy a décidé de faire rapidement marche arrière pour éviter que la crise ne s'aggrave (et non parce que c'était un traitre, comme le
proclament à l'envie les Rantanplans de la "science" économique) : il a mis en oeuvre un plan d'austérité qui s'appuyait intégralement sur les théories classiques (c'est à dire libérales, ou
ultra-libérales comme il est coutume de dire, voir ultra-ultra-libéral) avec un contrôle de la masse monétaire et des salaires pour diminuer l'inflation.
C'est depuis cette époque que le Parti Socialiste est devenu plus "raisonnable" : il a compris que les politiques social-démocrates trop mal ficelées, s'appuyant
sur des promesses démagogiques engendraient de l'inefficacité économique.
A l'inverse, ceux qu'on qualifiera d'aile gauche de la social-démocratie - les Mélanchon, les Besancenot et compagnie - ne l'ont pas encore compris. S'ils
arrivaient au pouvoir, ils mèneraient ainsi la même politique grossièrement social-démocrate que Pierre Mauroy en 1981, qui aboutirait aux mêmes résultats décevants. Cependant, nous pouvons
douter qu'ils auront l'intelligence et l'honnêteté de reconnaitre leur erreur et de faire marche arrière à temps comme Pierre Mauroy.
Voila pourquoi nous ne croyons absolument pas aux programmes de l'aile gauche de la social-démocratie, et nous pronons plutôt la mise en place d'un nouveau système
économique qui permettrait - du moins en théorie - l'augmentation de la création de richesses (car avant de répartir la richesse, il faut la créer), c'est à dire l'augmentation de la taille
du gâteau (au chocolat), tout en égalisant largement ses parts, c'est à dire tout en réduisant les inégalités économiques (pour plus de précision, voir la rubrique "Sortir du
capitalisme").
Peut-être que ce nouveau système ne marchera pas et si tel est le cas, nous aurons l'intelligence de faire marche arrière à temps comme l'a fait Pierre Mauroy à son
époque. Mais à la différence de la politique économique défendue par l'aile gauche de la social-démocratie (Mélanchon, Besancenot), dont nous sommes certains qu'elle ne marcherait pas car elle
consiste à faire la même chose que le gouvernement Mauroy en plus grossier encore, il existe une possibilité que nos propositions soient efficaces car elles n'ont jamais été testées nul
part.
Le socialisme du XXIème siècle, s'il veut avoir une chance de triompher du capitalisme, ne devra ni être un socialisme planifié étouffeur de l'esprit d'initiative
et de la liberté d'entreprendre (genre URSS), ni être un catalogue de propositions grossièrement social-démocrates (genre Mélanchon, Besancenot), mais un ensemble cohérent menant à une politique
économique novatrice.
(1) au risque de passer pour un vendu, un social-traitre ou un collabo, il y a bien un problème des retraites.
La démographie est sans doute une science bourgeoise mais quand on sait qu'il y avait en 1990 quatre retraités pour dix actifs et
qu'il y en aura huit ou neuf en 2040 (c'est à dire un doublement de la charge !), il n'est pas difficile de comprendre que le problème des retraites est une réalité démographique.
Ceci ne veut pas dire qu'il faut nécessairement augmenter la durée de cotisation, je ne me sens pas suffisamment qualifié pour
proposer une solution toute prête et il est probable qu'un gouvernement de Socialisme&Souveraineté aurait une plus grande marge de manoeuvre pour résoudre le problème des retraites car
l'argent qui servait auparavant à rémunérer le capital et la propriété (sous le capitalisme) appartiendra à la collectivité (sous notre nouveau système).
Cependant, si je devais faire quelques propositons bien simplistes dans un cadre capitaliste (car vous vous doutez que ce n'est pas
demain la veille qu'on sera au pouvoir), je dirai qu'on pourrait commencer par :
-favoriser la natalité, il y a des tas de mesures possibles pour cela
-adapter la durée de cotisations à la durée de retraites selon la catégorie socio-professionnelle et le sexe. En classant les
individus selon leur catégorie socio-professionnelle et leur sexe (les femmes vivant en moyenne un peu plus longtemps que les hommes, en grande partie pour des raisons naturelles ou génétiques),
il est possible de connaitre le temps moyen de paiement des retraites dont bénéficie chaque catégorie et de moduler la durée de cotisations en conséquence.
Prenons un exemple avec des chiffres complètement fantaisistes pour bien comprendre : si les statistiques de l'INSEE nous disent qu'en
moyenne, une femme cadre vit pendant 30 ans à la retraite et un homme ouvrier pendant seulement 20 ans, et que la durée moyenne de cotisations est fixée à 40 ans (c'est à dire la situation
actuelle, peut-être bientôt 41), il faudrait moduler cette durée de cotisation dans un souci d'équité afin que la durée de retraite soit proportionnelle à la durée de cotisation.
Dans cet exemple et après calcul, l'homme ouvrier n'aura besoin que de cotiser pendant 36 ans (au lieu de 40) pour bénéficier de 24
ans de retraite (au lieu de 20 aujourd'hui) et la femme cadre aura besoin de cotiser pendant 42 ans (au lieu de 40) pour bénéficier de 28 ans de retraite (au lieu de 30 aujourd'hui)
Démonstration du calcul :
24/36 = 0,666666 avec 24 ans la durée de retraite moyenne d'un homme ouvrier et 36 ans la durée de cotisation moyenne d'un homme
ouvrier
28/42 = 0,6666666 avec 28 ans la durée de retraite moyenne de la femme cadre et 42 ans la durée de cotisation moyenne de la femme
cadre
On en arrive donc à une situation d'équité entre les deux catégories avec un rapport durée de retraite/durée de cotisation équivalent.
Personne n'est ainsi lésé.
Enfin de toute façon au point où on en est, personne n'aura de retraite.
(2) ceci dit les politiques social-démocrates ne sont pas nécessairement grossières, démagogiques et mal ficelées (Mauroy, Mélanchon,
Besancenot), elles peuvent aussi être réfléchies.
Par exemple, les pays scandinaves appliquent des politiques social-démocrates depuis des décennies, et sont à la fois plus riches et
moins inégalitaires que la France. Cependant, les inégalités économiques - outre quelles ont toujours été à un niveau excessif et trop important à mon goût (bien que moindre qu'en France, ceci
dit c'est pas dur) - ont tendance à augmenter là-bas aussi, et elles n'ont jamais reposé que sur le seul travail (c'est à dire sur le mérite).
C'est pourquoi nous ne pensons pas à copier les modèles sociaux-démocrates scandinaves et nous préférons proposer un nouveau système
économique.
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